
Souvent quand je pense à vous, qui êtes dans d’autres villes, je me sens reliée par un fil. De chaque vie, de chaque envie, mes amies essaimées, par delà les années, vous êtes restées. Vous voilà toujours là. Hélène à Lille, Aude à Dijon, Audrey à Lyon. Trois filles sur un pont.
Depuis qu’on a 20 ans. Ce qui nous lie, nous délie, nous relie. Quelque chose en nous que je ne retrouve pas partout. J’ai beau chercher, il y a en vous quelque chose que je ne retrouve pas surtout. Ce don du ciel qui pour moi vous a rendues éternelles. Dans vos choix, vos émois, vos abois, quelque chose de moi qu’ailleurs je ne dis pas. Les chardons, les promesses, les ivresses, les cailloux, les bijoux, les semonces et les ronces, l’éclair et le sombre, les décennies qui dansent. Quelque chose de flou, quelque chose de fou, quelque chose de plus que tout, que déjà on cherchait, qui n’a pas changé. Et qui a poussé, libre et étonné, comme ça nous ressemblait.
Des bouts de moi, qui vivent encore là bas, au creux de chaque endroit, partagé avec toi, et qu’on n’oublie pas. Le soir par dessus les toits, les sois qu’on partage, comme les reines et les sages, je dis et tu racontes, j’écoute quand tu contes, maintenant ne s’oublie pas. Qui me rappelle ma belle, quand parfois je me trompe, quand parfois je ne sais pas, quand le temps m’enlace, que je suis un peu de tout ça, ici et là-bas, toujours avec toi.
Toujours moi. Souvent grâce à toi. Vous trois, qui ne vous connaissez pas.