
Quand on avait 6 ans, Barbara a perdu son grand-papa. C’était la première fois, pour elle comme pour moi. Le jour où c’est arrivé, en haut de la rue Pichard elle faisait semblant de ne pas savoir. Et on faisait les sottes, on jouait avec les mots, plus faciles que le grand saut. « Qu’est-ce que tu racontes, mon papa est toujours là », et moi « C’est ton grand-papa… Evidemment, ton papa lui sera toujours là ». Je m’étais fait disputée, il ne fallait pas en parler.
Quelques 40 ans plus tard ce jour est arrivé, ce jour arrivera toujours.
Guy est parti. C’était le papa de Barbara, le plus proche des autres papas pour moi aussi. On était deux filles uniques, toujours chez l’une chez l’autre, et nos parents aussi. Chaque petit bout de vie, de 1977 à aujourd’hui, et tout au long depuis, comme un doux récit.
Les vacances, les soirées d’été, les chapeaux en Espagne. Estartit dans notre coeur, ces moments qu’on passait lui et moi à parler, de l’âge et des cheveux longs, de la modernité, les boucles d’oreille qui pendent, les couples qui s’entendent, ou pas. La route telle qu’elle n’est pas, parfois. Les chansons d’été, les rêves. Et la vie toute entière.
De l’enfance à l’adolescence, de nos vies d’étudiantes, et puis quand vinrent celles d’adultes aussi, à Metz à Lyon à Paris, régulièrement, jusqu’à maintenant. Par mail souvent, de vive voix de temps en temps.
Aux derniers mots, qui resteront à jamais.
C’est toujours un moment de plaisir de te lire Sophie.
Peut être encore plus cette fois-ci car tu nous plonges dans le suspens avec ta nouvelle orientation professionnelle. On est anxieux pour toi mais on sent en même temps que tu as une grande envie de changement. Bravo pour cette nouvelle aventure. Pour tout comme pour ça, on a confiance en toi. Vivement la suite ! Ici aussi les géraniums de Marie-France sont beaux, ils profitent de l’eau et du soleil. Tu crois que nous avons le beau temps ici alors qu’en ce moment le tonnerre gronde mais pas de pluie. C’est mieux ainsi quand on voit les dégâts occasionnés par le déluge de pluies dans certains villages. Tu termines en nous promettant à bientôt à Metz nous on dit chiche !
Grosses bises à toi
Guy
On avait dit à l’été. Au printemps, qui n’arrivera jamais. A ce dernier jour, pour toujours.
A Marie-France. A Barbara.
Beaucoup d’émotion et de bien jolis souvenirs………
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