
Je suis rentrée avec des poux, une piqûre chelou d’insecte au genou. Je relisais chaque jour les lettres de ma maman, parce que trois semaines, c’est beaucoup trop long quand on a 7 ans. J’avais perdu mon argent de poche, donc pas de glaces à la paillote.
La directrice a retourné mon lit parce que je ne savais pas le faire « correctement ».
J’ai dit non au catéchisme obligatoire — et pour ça, j’ai été enfermée, seule, dans le dortoir.
Et pourtant.
Je me rappelle la chasse au dahu dans les collines. Les « grandes » qui m’offraient des chapeaux de fées à rubans et m’invitaient à leurs fêtes secrètes dans le dortoir. D’Aline Wagner, rencontrée sur le parking du Palais des sports, au départ des bus. Qui m’a écrit longtemps, en signant pour toujours « Aline, ta copine de colo ».
Être la chouchoute de la mono. Et du kaïd de la promo.
Les veillées du soir, les marches jusqu’à la plage, les karaokés — même si je ne crois pas qu’en 1981 on disait karaoké.
Et cette chanson, particulièrement :
Il met de la magie, mine de rien, dans tout ce qu’il fait
Il a le sourire facile, même pour les imbéciles
Il s’amuse bien, il n’tombe jamais dans les pièges
Il s’laisse pas étourdir par les néons des manèges
Il vit sa vie sans s’occuper des grimaces
Que font autour de lui les poissons dans la nasse
Il est libre Max, il est libre Max
Y’en a même qui disent qu’ils l’ont vu voler
À nos choix d’enfants, à 7 ans, qui en disent déjà long sur qui on sera à 50 ans.
À ce qui fait qu’on se reconnaît, qu’on se choisit.
À cette part de nous qui reste libre, comme Max.
Une chanson d’été. Un bruit de fond.









