Shalimar de mes 15 ans

Michèle Julienne, le souffre de mes 15 ans, l’amie de maman qui déjeunait avec nous tous les midis.
Elle était blonde, solaire, elle achetait ses vêtements chers et elle allait chez le coiffeur de Metz qui savait rendre ses boucles d’or.
Son amant, Fernand. On discutait des heures de ce que signifiait le collier avec le pendentif en rond qu’il lui avait offert.
J’avais 15 ans et je répondis l’éternité. Elle a quitté son mari, et ça n’a rien donné.

Elle était torturée et Shalimar sentait l’encens sur elle. Elle avait osé, au fond ça sentait le souffre mais ça sentait étrangement bon.

Ma mère est partie dans le Nord, elle n’a pas voulu vraiment qu’on se revoit. Elle ne voulait être responsable de rien. C’était Michèle. Elle était là et puis plus là, comme je peux l’être parfois.

Elle a compté pourtant, elle a ouvert le champ, j’ai su très tôt très jeune que Shalimar n’était pas qu’un parfum. Plus sulfureux qu’heureux. Plus papillon que constant, mais qu’elle était belle, et que peut être ça en valait la peine.

Que prendre des risques valait la peine, que rêver valait la peine. Qu’on n’aurait qu’une vie. A nous de la rendre jolie. Et qu’on ne dépendrait pas des autres.

Elle est retournée là où c’était stable. J’ai appris d’elle que c’est à chacun de voir ce qui en vaut la peine.

#onelife #15ans #lasommedenoschoix

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