The north star

A toi qui m’a envoyée à la maternelle raconter mon dessin à toute la classe et qui a inventé l’ancêtre du Show and Tell, rien que pour moi.

A toi qui m’a laissé remplir tous les dossiers du collège, vierges avec ta signature en bas, libre de mes choix.

A toi qui n’a jamais préjugé, les génies à 6 ans écrivent des symphonies, ils n’ont pas simplement, au conservatoire une première mention avec distinction.

A toi qui m’expliquait le déclin de la civilisation romaine avec le gobelet en argent de grand-maman – ça les avait décimé et je devais apprendre à dire non quand elle me proposait de boire dedans… Et qui avait la grâce de comprendre qu’à 3 ans je pouvais comprendre. Il en fut ainsi des molécules et de la religion, du sionisme et d’Herzl, de Joan Baez et Take Five, Sabrah et Chatila le soir aux informations, et de viser plus grand.

A toi qui n’avait rien tracé pour moi, j’entends encore tout bas : si c’est jouer de le flûte traversière dans la rue qui te rends heureuse alors c’est ce que tu feras et je n’ai aucun problème avec ça.

A toi au bout du téléphone, souvent sobrement, en un mot comment 100, une certitude qui résonne, dans l’avenir que j’entonne : je suis content pour toi.

A toi qui pour une bonne note ne me félicitait pas, je le faisais pour moi, et quand on est doué en dessous de 16 on ne travaille pas.

A toi après un blanc récemment, alors que je t’ai demandé conseil, cette ancienne ritournelle : tu ne t’es jamais trompée, tu le sais.

A toi qui a toujours eu confiance en moi, à chaque choix je n’oublie pas.

Je suis mon étoile du nord et j’y crois, et quand je doute, c’est un fait. L’étoile du berger que tu me montrais le soir au dessus du garage, brille toujours pour moi.

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