
Le dernier week-end de Sciences-Po, un samedi où il faisait beau, je découvrais le cours d’histoire géo. Assise dans mon canapé j’étais plutôt désespérée. Sam est arrivé par hasard, ensemble on est parti sans crier gare. Le partiel était le lundi, je me suis dit : tant pis.
On a pris la route sans savoir, roulé des heures jusqu’à minuit, on est arrivé à Cassis. Y avait plus de place à l’hôtel c’est comme ça qu’on s’est fait la belle.
On a fini par trouver où dormir, au bruit des vagues dans la crique c’était magico-électrique. On n’aurait pas du être là, et ça devait être comme ça.
Il a fini à l’hôpital on peut dire que c’est pas banal.
Le lendemain j’ai pris le train, rentrée comme si de rien n’était, personne ne savait d’où je revenais. Le lundi il était guéri, à 10h il m’a rappelée, il était rentré. Une sonnerie dans le grand amphi, dans un grand silence retentit.
150 têtes qui se lèvent d’un même pli, et moi le nez plongé dans ma copie. Soudain très inspirée, comme si rien dans mon sac ne sonnait. C’était au milieu du partiel, en 1998 c’était pas très habituel. Les grands sages du Conseil, qui surveillaient, le sourcil froncé.
L’important comme on s’en doutait, ce qui demain nous resterait, les souvenirs d’où qu’ils nous reviennent, lui que je connaissais à peine. Ces moments dans la vie, quand tout est écrit. Sauf si…