
Il me faisait l’effet d’un feu de forêt, cette intensité de braise que l’âme allume au fond des yeux. Il était là, sans bruit, et moi j’étais sans voix. Visage d’écorce, barbu tout en ronces et broussailles, il avait un physique à l’abandon, livré à lui-même et ivre de pluie, dont émanait une force naturelle et sauvage. Son regard sépia pali par le temps vous happait du fond de ses écailles ridées. Il irradiait une sagesse séculaire et féline, tendue vers l’autre, qui perçait les âmes et lisait juste. Farouche, inapprivoisé, inapprivoisable, solitaire, primitif : il était l’arbre qui éclipse la forêt.