
Quand j’étais petite les journées commençaient avec Jean-Luc Hess, notre correspondant à Washington et Ulysse Gosset, notre correspondant à Moscou. Le jingle de France Inter. Le matin chez nous était l’heure de mon père.
Le jeu des milles francs, le téléphone sonne, les premiers feuilletons. Le midi chez nous était l’heure de ma mère et moi. On branchait la radio, la copine de la cuisine, toujours en chansons.
En haut de la rue, il y a depuis quelques temps, un tout nouvel arrivant. A Montigny les Metz, c’est un événement. Comme souvent à 8 ans, je vivais plus souvent dehors que dedans. Après quelques hésitations, on est timide à 8 ans, je décidais d’aller voir, c’était trop tentant. Ce bâtiment, je le connais bien, avant c’était juste une maison, avec des vitres dépolies et un jardinet devant, on n’avait jamais vu ce qu’il y avait dedans. En poussant la porte, ce fut un peu comme si l’intérieur de la bouteille de Perrier avait pris vie subitement. Ça me faisait penser à l’eau avec des bulles, oui, c’était effervescent. Une forêt de micros, des casques, des 45 tours partout, le panneau On air et surtout… tous les boutons du studio d’enregistrement. Avec des animateurs dedans. C’était en 1982, et j’ai vécu l’arrivée des premières radios libres.
Il y quelque part au fond d’un tiroir une cassette des émissions enregistrées par ma mère, quand je courrais à 4h à la radio après l’école, et une heure durant, j’étais dans les airs, au micro avec l’animateur, on choisissait les chansons, il me posait des tas de questions, on discutait mais de quoi donc ? Et pendant des heures je pouvais être sûre qu’un jour j’aurais une radio à moi, avec mes propres émissions, et j’imaginais ce que chacun de mes amis ferait dedans. Radio Loisirs. Je ne retrouvais pas le nom de cette radio de mon enfance, et j’ai trouvé sur Wikipédia une liste de toutes ces petites radios locales classées sagement par département. Ils l’ont appelé La liste des radios disparues. Ça sonne un peu comme une promesse que la vie n’aurait pas tenue ? Pour moi c’est toujours un bonbon fondant même s’il n’existe plus 🎶
J’adore ce texte. Ah la fidélité à France Inter ça en dit long….
J’aimeJ’aime